Inventer les remplaçants du Muscadet, du Mousquetaire
«Il faudrait inventer les remplaçants du Muscadet, du Mousquetaire…. »
Plasmor :
En toute immodestie, c’est le rêve fou de succéder à ces séries mythiques de bateaux qui a présidé à la conception d’abord des petits voiliers Skellig 2 et ensuite du biquille Triaskell.
Aux Muscadets et Mousquetaires, il faudrait ajouter les Corsaires, les Armagnacs, les Cognacs : Ces bateaux, issus des cerveaux de deux architectes géniaux, Philippe HARLE et Jean Jacques HERBULOT, ont été produits à des milliers d’exemplaires des années 60 aux années 80. Ils continuent de vivre par leurs associations respectives, et par des loueurs qui les proposent : « Plus qu’un simple bateau, c’est tout un esprit marin qui règne à bord de ces voiliers. On retrouve à travers leur propriétaire la solidarité des gens de mer et le respect de la mer. Leur bateau n’est pas un objet de consommation, mais un fidèle compagnon… »
Cette dernière phrase aurait pu être la maxime de notre chantier pour réaliser nos bateaux, Nous avons voulu renouer – non pas tant dans la forme, mais réellement dans les principes- avec les valeurs du début de la plaisance.
Nos formes d’architecture navale sont modernes, les matériaux que nous employons sont modernes, mais au service d’une pratique de la navigation intemporelle, humble et respectueuse de la mer, ou la solidité, la simplicité, la durabilité, priment.

En pratique ces choix se traduisent par des formes de carène confortables et conviviales (faible gîte), bien défendues à la mer, des fabrications prévues pour durer très longtemps, (stratification traditionnelle épaisse), et des solutions techniques (passage de câbles, drosses du gouvernail, cadènes apparentes…) les plus évidentes possibles pour résister au temps et demeurer toujours réparables soi même.
Parions que dans 50 ans, les Skelligs et Triaskells témoigneront de la justesse de ce parti pris !
Dominique.

Bonjour,
Je tombe sur votre blog et cette page où vous dites vouloir ré-inventer Muscadet et Mousquetaire.
Heureuse idée !
Ces bateaux sont remarquables, comme chacun sait, et surtout ceux qui ont navigué dessus.
Je possède un Mousquetaire depuis 10 ans, restauré avec amour, et ne le vendrais pour rien au monde: plutôt le mettre dans mon jardin.
Très marin, et ce n’est pas un vain mot, pardonnant tout, adapté au cabotage mais capable de bien plus, réparable avec un maillet, un ciseau et un peu de colle…et BEAU !
Je comprends bien le programme du Triaskell, auquel une revue a consacré un long article il y a peu.
Mais, franchement: vous le trouvez beau, vous, le TRIASKELL ?
Moi, il me fait furieusement penser à ces bateaux qu’on voit parfois (de moins en moins, il est vrai) à quai, qui ne naviguent jamais, et qui sont tout droit sortis des lectures d’un monsieur qui n’a jamais navigué et qui a construit un « truc » avec des hublots, une cabine d’1,50 m de haut et une barre à roue à pommeaux.
Sincèrement, votre TRIASKELL a un programme réfléchi, est sûrement plein de qualité…mais quelle laideur !
Je sais: la critique est facile et l’art est difficile…., d’accord. Mais je crois qu’il est temps que vous engagiez un désigner, une personne capable de dessiner une enveloppe qui donne envie aux programmes que vous imaginez.
Je croise souvent vos bateaux (SKELLIG…) dans le Golfe et à chaque fois je suis étonné que personne, chez vous, n’ait pris la peine de faire qqchose de plus élégant. Ne serait-ce qu’en s’inspirant de ce qui se faisait au début du siècle, il serait facile de faire moins « lourd » et « primaire ».
Bon, je vous autorise à m’envoyer un mail un peu sec, après des critiques comme ça mais il fallait que je vous le dise.
Avec mes encouragements,
Eric SZR
Qui devrait manger son chapeau ?
Tout ce qui change est souvent dérangeant dans un premier temps car on est habitué à certaines formes et la nature humaine est en règle générale perturbée par le changement.
Difficile d’anticiper et de connaître le jugement collectif dans 30 ans.
Le danger de ridicule est grand d’énoncer des opinions péremptoires qui ont une forte probabilité d’être démenties par la postérité.
Nous ne résistons pas au plaisir de vous lire ce que l’on disait à l’époque du Muscadet :
« Le Muscadet possède des lignes sans élégance et relativement peu performantes, ce qui lui a valu le surnom de vilain petit canard » (Wikipedia)
Le bateau que vous encensez -à juste titre- ne vous aurait vraisemblablement pas plu il y a 40 ans. Il vous plait maintenant ; qu’est ce qui a changé, vous ou le bateau ?
La démarche « design » sur nos kayaks, nos Skellig et notre Triaskell est -volontairement – de ne pas en avoir et à se tenir à l’essentiel des fonctionnalités recherchées, sans fioritures, juste le nécessaire : Cela définit des objets quasi utilitaires qui ne peuvent pas être laids car ils sont fonctionnels. Sur le Triaskell, tout tourne autour de quelques demandes d’usage : Longueur la plus petite possible pour son programme, hauteur sous barrot , timonerie, tenue à la mer… (Un peu comme la 2CV dont le cahier des charges précisait qu’elle devait peser moins de…, porter deux personnes et un sac de patates, couter moins de…). Le jugement à porter est : est-ce efficace, cela fonctionne t’il ?
Si la réponse est oui, alors l’objet sera beau, si l’on définit –comme nous le faisons- la beauté comme l’adéquation d’une forme à son programme et pas comme un esthétisme, éminemment sujet au gout de chacun.
Cordialement.