Edito : Eloge de l’effort et de la manœuvre à bras d’homme
Léger malaise ressenti lors d’une discussion ces jours précédents avec le propriétaire d’un bateau très équipé : radar, winchs électriques, guindeau électrique, centrale de navigation, frigidaire…, et qui semble bon marin de surcroit.
En poussant à l’extrême, imaginons le dernier avatar du voilier, un engin complètement automatisé, ou des calculateurs et des moteurs électriques règleront les voiles, dirigeront le bateau, et ou le marin dans sa résidence à terre, observera par internet son engin tracer des milles.
Nous, randonneurs, sentons que nous sommes en décalage par rapport à cette course à l’équipement et cherchons à retrouver autre chose dans nos loisirs : Rapport direct à la nature par des engins les plus simples possibles qui n’y font pas obstacle, rapport avec notre nature humaine, ou l’on fait fonctionner ses bras, ses jambes (et son cerveau), et ou on a des sensations primitives comme une certaine anxiété devant l’obstacle et une satisfaction immédiate après l’avoir franchi.
Soyons conscients du luxe que représente pour nous cette quasi inversion des valeurs (rechercher une difficulté et un effort), alors que pour les milliers de générations qui nous ont précédées, pour qui l’effort physique et l’incertitude étaient le lot quotidien, c’était plutôt une grosse contrainte !
